L’Assemblée nationale l’a officialisé au mois de mars 2019 : la première année commune aux études de santé telle qu’elle existe aujourd’hui ne sera plus à partir de 2020. Le numerus clausus, appelé à disparaitre, va laisser place à différentes voies d’accès aux filières de médecine, d’odontologie, de pharmacie et de maïeutique. L’organisme Prépa Epsilon vous explique ce que l’on sait, à ce jour, de la réforme de la PACES.

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Une réforme des études de médecine souhaitée par Emmanuel Macron

Au printemps 2019, la chambre basse s’est exprimée sur le dossier des études de santé. L’Assemblée nationale a suivi les vœux prononcés par Emmanuel Macron quelques mois plus tôt. En septembre 2018, le président de la République exprimait son souhait de voir disparaitre la PACES (acronyme de « Première Année Commune aux Études de Santé« ) à partir de la rentrée 2020. Voici les mots prononcés par le chef de l’État :

« Le numerus clausus sera supprimé pour cesser d’entretenir une rareté artificielle, et pour nous permettre de former plus de médecins avec un mode de sélection rénové, et de renforcer la dimension qualitative et le niveau de formation des études de santé. Dès la rentrée 2020, il n’y aura plus de concours à la fin de la première année, c’est-à-dire plus de PACES, cet acronyme, synonyme d’échec pour tant de jeunes. Demain, tous les étudiants inscrits en licence, quelle que soit leur spécialité, pourront rejoindre en deuxième, troisième ou quatrième année le cursus de médecine, et les ministres détailleront justement toutes les formations aux métiers de la santé qui seront ainsi rénovés, pour favoriser les passerelles entre les métiers, les enseignements communs, la possibilité de poursuivre ou de reprendre une formation et de participer à des activités de recherche. »

Un rapport détaillé sur la réforme du numerus clausus en médecine

Entre temps, un rapport du groupe de travail piloté par l’universitaire et professeur de médecine Jean-Paul Saint-André confirmait cette annonce. Titré « Suppression du numerus clausus et de la PACES » et rendu publique le 17 décembre 2018, il détaillait les préconisations du groupe sur la refonte du premier cycle des études de santé pour les métiers médicaux.

« Portail santé » et « mineure santé » : de nouvelles voies pour la réforme de la 1ère année de médecine

À partir de la rentrée 2020, deux grandes voies d’accès s’offriraient aux candidat·es titulaires du baccalauréat :

  • la première : le « Portail santé« , soit une première année d’études de santé plus générale que l’actuelle PACES
  • la seconde : une première année de licence, quelle qu’elle soit, intégrant une « mineure santé« 

La possibilité de rejoindre une fac de médecine sur le tard

À ces grandes voies s’ajouterait la possibilité de rejoindre un cursus de santé plus tardivement, autrement dit après une 2ème année ou une 3ème année de Licence, voire même après un Master ou un diplôme équivalent. Ce type de passerelle devrait même être possible après une expérience professionnelle dans le domaine de la santé.

Une réforme de médecine pour mettre fin à la « voie royale » PACES

L’ambition affichée de la réforme de la PACES est d’éviter à tout prix de créer une nouvelle voie royale. Par conséquent, 60 % des effectifs maximum des différentes filières de santé seraient issus d’une seule voie d’accès.

Portail santé : son fonctionnement

Les inscriptions se dérouleront toujours via Parcoursup. Sur la plateforme destinée à recueillir et gérer les vœux d’affectation des futur·es étudiant·es, les candidat·es pourront s’inscrire au Portail santé évoqué ci-avant. Il s’agira d’une voie non sélective à l’entrée.

Pendant cette première année, l’étudiant·e sera soumis·e, comme en PACES, à l’étude d’enseignements spécifiques des différentes filières de santé : médecine, odontologie, pharmacie, etc. En revanche, l’étudiant·e se verra aussi dispenser des enseignements spécifiques visant, pour leur part, à préparer la poursuite d’études dans d’autres formations de premier cycle.

Entre 1 500 et 1 800 heures de travail

Le rapport de Jean-Paul Saint-André fait état d’une charge de travail comprise entre 1 500 et 1 800 heures pour les étudiant·es du Portail santé. Par ailleurs, ces étudiant·es auront à choisir une ou plusieurs spécialités.

Concours PACES : une réforme qui met fin à la sélectivité ?

Attention : cette réforme de la PACES ne signifie en aucun cas la fin de la grande sélectivité à laquelle sont actuellement soumis·es les candidat·es. Le numerus clausus serait remplacé par un numerus « apertus » ; chaque université bénéficierait d’une fourchette permettant de se positionner entre un chiffre plancher et un chiffre plafond concernant le nombre d’étudiants acceptés.

Les critères pour poursuivre ses études de santé

Pour poursuivre leurs études à l’issue de cette première année, les étudiant·es devront réunir plusieurs conditions d’admissibilité :

  • avoir validé 60 ECTS (pour European Credits Transfer System, des crédits visant à harmoniser les diplômes à l’échelle européenne) sur l’année
  • obtenir une moyenne générale supérieure à un certain seuil
  • dans certains cas, avoir décroché une « note minimale à un module spécifique »

Les étudiant·es ayant réuni ces conditions d’admissibilité seront soumis·es à une épreuve écrite et une épreuve orale d’admission.

 

En cas de succès à l’examen, l’étudiant·e intégrerait le diplôme de formation générale (DFG2) dans la filière choisie. À l’inverse, si l’étudiant·e a échoué à l’examen final mais a néanmoins validé 60 ECTS, il ou elle pourra poursuivre vers une deuxième année de Licence selon son choix.

PACES et redoublement : ce que prévoit la réforme

La réforme de la PACES met fin à toute possibilité de redoublement. Notons cependant qu’à l’issue d’une L2 ou L3 dans une autre filière, un·e étudiant·e ayant échoué par le passé en Portail santé pourra retenter sa chance.

Mineure santé : son fonctionnement

La réforme de la PACES prévoit aussi une voie pour les étudiant·es hésitant entre plusieurs secteurs professionnels ou préférant passer outre le Portail santé. Cette deuxième voie, c’est la mineure santé, également évoquée ci-avant. Proposée par certaines universités seulement et accessible elle aussi via Parcoursup, elle consisterait en une première année de licence, quelle qu’elle soit, au cours de laquelle l’étudiant·e aura suivi des cours liés aux études médicales.

Le rapport de Jean-Paul Saint-André tempère cependant cette liberté. Est en effet écrit :

Toutes les licences ne permettent pas forcement une candidature dans toutes les filières (par exemple, possibilité de candidater en médecine et maïeutique à partir d’une L1 de psychologie, mais en pharmacie à partir d’une L1 de chimie).

Une mineure santé également soldée par un examen écrit et oral

À l’issue de cette première année, les étudiant·es pourraient prétendre rejoindre le DGF2. Mais là aussi, des critères d’admissibilité seront exigés. Exemples :

  • avoir validé 60 ECTS à la fin de l’année
  • avoir obtenu une moyenne générale supérieure à une certaine note

Ces prérequis remplis, l’étudiant·e serait convoqué·e à un examen d’admission à la fois écrit et oral. Si un·e étudiant·e est admis·e après une L1 comprenant une mineure santé, il ou elle rejoindra donc le cursus de son choix.

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